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Fixer son TJM freelance : méthode de calcul et simulateur

En résumé
  • Un freelance ne facture pas 365 jours ni même 252 : une fois retirés congés, jours fériés et temps non facturable, une base de travail prudente se situe autour de 180 à 200 jours par an, et c'est elle qui change tout dans le calcul du TJM.
  • En micro-entreprise (activité libérale non réglementée), cotisations sociales et versement libératoire représentent 27,8 % du chiffre d'affaires en 2026 : sur un TJM de 500 € facturé 18 jours dans le mois, il reste environ 6 500 €, avant vos frais professionnels.
  • Augmenter son TJM de 50 € par jour, c'est 10 000 € de chiffre d'affaires en plus sur 200 jours facturés, à charge de travail identique.

Beaucoup de freelances fixent leur premier TJM à l'instinct, en regardant vaguement ce que demandent d'autres prestataires, et se retrouvent bien trop bas sans s'en rendre compte tout de suite. Un bon TJM, le tarif journalier moyen que vous facturez à un client, ce n'est pas le chiffre qui vous semble « acceptable » pour décrocher la mission. C'est celui qui couvre vos charges, vos congés, vos périodes sans contrat et la rémunération que vous voulez réellement vous verser. L'écart entre les deux peut être considérable. Voici une méthode de calcul pas à pas pour fixer le vôtre sans vous sous-vendre.

🧮 Calculez le TJM qu'il vous faut

TJM recommandé, hors taxes / jour
Chiffre d'affaires annuel à viser, par an

Estimation : on part de votre revenu net visé, on remonte au chiffre d'affaires à facturer (cotisations et impôt inclus selon le statut), puis on divise par vos jours réellement facturables (jamais 365 : comptez les congés, la prospection, l'administratif). Un repère, pas une vérité comptable.

Comment calculer son TJM, concrètement

La logique est plus simple qu'elle n'en a l'air. Vous partez du revenu net annuel que vous voulez vous verser, vous remontez vers le chiffre d'affaires nécessaire en ajoutant vos charges, puis vous divisez par votre nombre de jours réellement facturables. La formule à retenir : (revenu net souhaité + charges sociales et fiscales + frais professionnels) ÷ jours facturables = TJM minimum.

Prenons un exemple fictif. Un consultant en micro-entreprise veut se verser 3 000 € net par mois, soit 36 000 € sur l'année. Viser 36 000 € de chiffre d'affaires serait une erreur : en activité libérale non réglementée avec versement libératoire, 27,8 % du chiffre d'affaires part en cotisations et en impôt (taux 2026, service-public.gouv.fr). Pour garder 36 000 €, il faut donc facturer environ 49 900 €, sans compter ses frais professionnels (matériel, logiciels, assurance, déplacements), qui ne sont pas déductibles en micro. Et ce chiffre d'affaires se répartit non pas sur 250 jours ouvrés, mais sur les jours réellement facturés : sur 190 jours, cela donne un TJM minimum d’environ 260 €, avant frais.

Combien de jours facturables, vraiment

Une année compte environ 252 jours ouvrés. Mais vous ne facturez pas 252 jours. Retirez vos congés (cinq semaines, comme un salarié, c'est un minimum raisonnable), les jours de maladie éventuels, et surtout le temps non facturable : prospection, devis, comptabilité, formation, réseautage. Tout ce travail invisible ne tombe sur aucune facture.

Le calcul est simple : 252 jours ouvrés moins 25 jours de congés laissent environ 227 jours. Retirez une journée par semaine de prospection et d'administratif, et vous tombez autour de 180 jours. Les périodes creuses entre deux missions, les intercontrats, réduisent encore ce nombre certaines années. Si vous calculez votre TJM sur 250 jours, vous bâtissez votre tarif sur une activité que vous n'aurez probablement jamais. Retenez une base prudente de 180 à 200 jours, et ne montez au-delà que si votre carnet de commandes le justifie.

Quel TJM pour quel salaire net

C'est la question qui revient sans cesse : un TJM de 500 €, ça fait quoi à la fin du mois ? La réponse dépend de votre statut, car les prélèvements ne sont pas du tout les mêmes en micro-entreprise, en EURL ou en portage salarial. Le tableau ci-dessous est un calcul indicatif pour une micro-entreprise en activité libérale non réglementée (cotisations de 25,6 % et option pour le versement libératoire de l'impôt à 2,2 %, soit 27,8 % du chiffre d'affaires en 2026), en supposant 18 jours facturés dans le mois. Il ne tient pas compte de vos frais professionnels.

TJMCA mensuel (18 j)Reste après cotisations et impôt (27,8 %)CA annuel sur 200 jours
300 €5 400 €≈ 3 900 €60 000 €
400 €7 200 €≈ 5 200 €80 000 €
500 €9 000 €≈ 6 500 €100 000 € (au-dessus du plafond micro)
700 €12 600 €≈ 9 100 €140 000 € (au-dessus du plafond micro)

Trois mises en garde sur ce tableau. D'abord, ces montants supposent un mois plein : si vous ne facturez que 10 ou 12 jours certains mois, divisez en proportion. Ensuite, le versement libératoire n'est accessible que sous condition de revenu fiscal de référence ; sans lui, votre impôt dépend de la situation de votre foyer. Enfin, le plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise en prestation de services est de 83 600 € (service-public.gouv.fr, 2026) : sur 200 jours facturés, il est atteint dès un TJM d'environ 420 €. Au-delà, il faut basculer vers une société, et le calcul du net change complètement. Le statut juridique que vous choisissez pèse énormément sur ce qui reste réellement dans votre poche : pour un même TJM, l'écart entre une micro et une EURL à l'impôt sur les sociétés peut être important.

Les erreurs de pricing les plus coûteuses

La première : partir de son ancien salaire. En quittant le salariat, on a tendance à diviser son ancien salaire mensuel par une vingtaine de jours pour obtenir un TJM « équivalent ». C'est faux. Vous devez intégrer les congés payés que personne ne vous verse plus, la protection sociale (prévoyance, mutuelle, retraite) désormais à votre charge, les périodes sans mission et les frais. Refaites le calcul complet plutôt que d'appliquer un coefficient au hasard.

La deuxième : baisser son prix pour rassurer. Un TJM bas semble plus compétitif, mais sur les missions qualifiées il peut envoyer le signal inverse et attirer les clients les plus difficiles. La troisième : ne jamais réévaluer. Un freelance qui gagne en compétence et garde le même tarif pendant des années s'appauvrit mécaniquement, d'autant que l'inflation et les cotisations, elles, évoluent.

Comment augmenter son TJM

Augmenter son tarif, ce n'est pas envoyer un mail brutal annonçant +30 %. Quelques leviers éprouvés. Augmentez sur les nouveaux clients d'abord : chaque nouvelle mission part d'un TJM un cran au-dessus, et le marché valide ou non. Vendez des résultats, pas des journées : sur certaines missions, le forfait permet de découpler la rémunération du temps passé. Spécialisez-vous : un généraliste est comparé sur le prix, un spécialiste sur la valeur. Et diversifiez vos sources de missions pour ne jamais dépendre d'un seul client qui dicterait vos prix. Multiplier les canaux fait toute la différence : voyez comment trouver des missions freelance régulièrement, car un carnet de commandes plein est le meilleur levier de négociation qui existe. Quand vous pouvez dire non, vos prix montent plus facilement.

Le calcul est parlant : passer de 450 à 500 € de TJM sur 200 jours facturés, c'est 10 000 € de chiffre d'affaires en plus dans l'année pour exactement le même travail. C'est l'effet de levier d'un bon pricing.

Questions fréquentes

Quel TJM pour un freelance débutant ?

Tout dépend du métier, du secteur et de la région : il n'existe pas de grille officielle. Le seul plancher fiable est le vôtre : le TJM qui couvre vos cotisations, vos frais et la rémunération que vous visez, calculé sur une base prudente de 180 à 200 jours facturables. Mieux vaut un TJM correct sur quelques missions qu'un TJM bradé qui vous épuise sans vous faire vivre.

Quel salaire net avec un TJM de 500 € ?

En micro-entreprise libérale non réglementée, avec versement libératoire (27,8 % du chiffre d'affaires en 2026) et 18 jours facturés dans le mois, un TJM de 500 € laisse environ 6 500 € avant frais professionnels. Mais ce chiffre suppose un mois plein ; sur une année avec congés et intercontrats, la moyenne mensuelle est plus basse. Et à 500 € sur 200 jours, vous dépassez le plafond de la micro-entreprise (83 600 €). Testez votre cas avec le simulateur en haut de page.

Quel est le net pour un TJM de 700 € ?

Avec les mêmes hypothèses, 18 jours à 700 € laissent environ 9 100 € dans le mois avant frais. Mais à ce niveau, le plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise est atteint en moins de 120 jours facturés. Au-delà, le passage en société modifie le calcul et peut devenir plus avantageux : le statut devient une vraie décision stratégique, à étudier avec un expert-comptable.

Faut-il afficher son TJM publiquement ?

Ce n'est pas obligatoire, et beaucoup de freelances préfèrent annoncer leur TJM après avoir compris le besoin du client. Afficher un tarif fixe réduit la marge de négociation et expose à être écarté sur le seul critère du prix. Une fourchette, adaptée à la complexité et à la durée de chaque mission, laisse plus de souplesse.

Fixer son TJM n'est pas un calcul qu'on fait une fois pour toutes : c'est un curseur à réajuster à mesure que l'on gagne en expérience et en clients. Commencez par chiffrer votre tarif minimum avec le simulateur, puis montez progressivement à chaque nouvelle mission. Et si vous en êtes encore à poser les fondations de votre activité, prenez le temps de bien préparer votre départ : tout commence par les bonnes bases pour se lancer en freelance sereinement.