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Fixer son TJM freelance : ma méthode après 8 ans à mon compte

En résumé

  • Un freelance facture en moyenne environ 215 jours par an, pas 365 : c’est cette base qui change tout dans le calcul du TJM.
  • Un TJM de 500 € en micro-entreprise donne autour de 5 800 à 6 200 € net par mois en pleine activité, mais bien moins après vacances et intercontrats.
  • Augmenter son TJM de 50 € par jour, c’est près de 10 000 € de revenu en plus sur l’année à charge de travail identique.

Quand je me suis lancée en freelance en 2016, j’ai fixé mon premier TJM à l’instinct, en regardant vaguement ce que demandaient d’autres prestataires. Résultat : j’étais bien trop basse, et il m’a fallu près de deux ans pour le comprendre. Un bon TJM, le tarif journalier moyen que vous facturez à un client, ce n’est pas le chiffre qui vous semble « acceptable » pour décrocher la mission. C’est celui qui couvre vos charges, vos congés, vos périodes sans contrat et la rémunération que vous voulez réellement vous verser. La différence entre les deux, c’est souvent du simple au double. Voici comment je calcule le mien aujourd’hui, et comment vous pouvez fixer le vôtre sans vous sous-vendre.

🧮 Calculez le TJM qu'il vous faut

TJM recommandéhors taxes / jour
Chiffre d'affaires annuel à viserpar an

Estimation : on part de votre revenu net visé, on remonte au chiffre d'affaires à facturer (cotisations et impôt inclus selon le statut), puis on divise par vos jours réellement facturables (jamais 365 : comptez les congés, la prospection, l'administratif). Un repère, pas une vérité comptable.

Comment calculer son TJM, concrètement

La logique est plus simple qu’elle n’en a l’air. Vous partez du revenu net annuel que vous voulez vous verser, vous remontez vers le chiffre d’affaires nécessaire en ajoutant vos charges, puis vous divisez par votre nombre de jours réellement facturables. La formule mentale que j’utilise : (revenu net souhaité + charges sociales et fiscales + frais professionnels) ÷ jours facturables = TJM minimum.

Un exemple vécu. La première année où j’ai voulu me verser 3 000 € net par mois, soit 36 000 € sur l’année, j’ai cru qu’il me suffisait de viser ce chiffre d’affaires. Erreur. En micro-entreprise, après cotisations sociales et impôt, il faut générer bien plus pour qu’il reste cette somme dans ma poche. Et ce chiffre d’affaires se répartit non pas sur 250 jours ouvrés, mais sur le nombre de jours que je facture vraiment. C’est là que la plupart des freelances se trompent.

Combien de jours facturables, vraiment

Une année compte environ 252 jours ouvrés. Mais vous ne facturez pas 252 jours. Retirez vos congés (comptez 5 semaines comme un salarié, c’est le minimum vital), les jours fériés, les jours maladie, et surtout le temps non facturable : prospection, devis, comptabilité, formation, réseautage. Tout ce travail invisible ne tombe sur aucune facture.

Dans la réalité, je tourne autour de 200 à 215 jours facturables par an les bonnes années, et nettement moins quand j’enchaîne les périodes creuses entre deux missions, les fameux intercontrats. Beaucoup de freelances sérieux tablent prudemment sur 200 jours. Si vous calculez votre TJM sur 250 jours, vous bâtissez votre tarif sur une activité que vous n’aurez jamais, et vous finissez l’année dans le rouge. Prenez 215 jours comme base optimiste, 180 à 200 comme base prudente.

Quel TJM pour quel salaire net

C’est la question qui revient sans cesse : un TJM de 500 €, ça fait quoi à la fin du mois ? La réponse dépend de votre statut, car les charges ne sont pas du tout les mêmes en micro-entreprise, en EURL ou en portage salarial. Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur pour une micro-entreprise en prestation de services, en supposant environ 18 jours facturés par mois en pleine activité. Ce sont des estimations, pas des montants gravés dans le marbre.

TJM CA mensuel (≈18 j) Net mensuel estimé (micro) Net annuel estimé
300 € ≈ 5 400 € ≈ 3 500 à 3 800 € ≈ 42 000 à 45 000 €
400 € ≈ 7 200 € ≈ 4 700 à 5 000 € ≈ 56 000 à 60 000 €
500 € ≈ 9 000 € ≈ 5 800 à 6 200 € ≈ 70 000 à 74 000 €
700 € ≈ 12 600 € ≈ 8 100 à 8 700 € plafond micro à surveiller

Deux mises en garde sur ce tableau. D’abord, ces nets supposent une activité pleine : si vous ne facturez que 10 ou 12 jours certains mois, divisez en proportion. Ensuite, à 700 € de TJM en pleine activité, vous approchez vite le plafond de chiffre d’affaires de la micro-entreprise (autour de 77 700 € en prestation de services). Au-delà, il faut basculer vers une société, et là le calcul du net change complètement. Le statut juridique que vous choisissez pèse énormément sur ce qui reste réellement dans votre poche : entre une micro et une EURL à l’impôt sur les sociétés, le net pour un même TJM peut varier de plusieurs centaines d’euros par mois.

Les erreurs de pricing qui m’ont coûté cher

La première, celle que j’ai déjà évoquée : calculer sur le brut de mon ancien salaire. Quand on quitte le salariat, on a tendance à diviser son ancien salaire mensuel par 20 pour obtenir un TJM « équivalent ». C’est faux. Vous devez intégrer les congés payés que personne ne vous verse plus, la mutuelle, la retraite, les périodes sans mission et les charges. Mon équivalent honnête, c’était facilement 1,8 à 2 fois mon taux journalier salarié.

La deuxième : baisser mon prix pour rassurer. J’ai cru qu’un TJM bas me rendrait plus compétitive. En réalité, sur les missions qualifiées, un tarif trop bas envoie le signal inverse et attire les clients les plus difficiles. La troisième : ne jamais réévaluer. Mon TJM est resté figé trois ans alors que mon expérience, elle, grimpait. Un freelance qui gagne en compétence et garde le même tarif s’appauvrit mécaniquement.

Comment augmenter son TJM

Augmenter son tarif, ce n’est pas envoyer un mail brutal annonçant +30 %. Voici ce qui a marché pour moi. J’augmente sur les nouveaux clients d’abord : chaque nouvelle mission part d’un TJM un cran au-dessus, le marché valide ou non. Je vends des résultats, pas des journées : sur certaines missions je suis passée au forfait, ce qui m’a permis de découpler ma rémunération du temps passé. Je me spécialise : un généraliste se compare au prix, un spécialiste se compare à la valeur. Et je diversifie mes sources de missions pour ne jamais dépendre d’un seul client qui dicterait mes prix. Pour ça, multiplier les canaux fait toute la différence : voyez comment trouver des missions freelance régulièrement, car un carnet de commandes plein est le meilleur levier de négociation qui existe. Quand vous pouvez dire non, vos prix montent tout seuls.

Concrètement, gagner 50 € de TJM, de 450 à 500 €, sur 200 jours facturés, c’est 10 000 € de chiffre d’affaires en plus dans l’année pour exactement le même travail. C’est ça, l’effet de levier d’un bon pricing.

Questions fréquentes

Quel TJM pour un freelance débutant ?

Tout dépend du métier et de la région, mais en prestation intellectuelle un freelance qui démarre se situe souvent entre 250 et 400 €. Mon conseil : ne descendez pas sous le seuil qui couvre vos charges et votre rémunération cible calculée sur 200 jours facturables. Mieux vaut un TJM correct sur quelques missions qu’un TJM bradé qui vous épuise sans vous nourrir.

Quel salaire net avec un TJM de 500 € ?

En micro-entreprise et en activité pleine (environ 18 jours par mois), un TJM de 500 € correspond grossièrement à 5 800 à 6 200 € net mensuel. Mais ce chiffre suppose que vous facturiez réellement tous ces jours. Sur une année avec congés et intercontrats, la moyenne mensuelle réelle est plus basse. Testez votre cas précis avec le simulateur en haut de page.

Quel est le net pour un TJM de 700 € ?

En micro et en pleine activité, on est autour de 8 100 à 8 700 € net par mois. Attention toutefois : à ce niveau, vous atteignez vite le plafond de chiffre d’affaires de la micro-entreprise. Au-delà, le passage en société modifie le calcul, et c’est souvent fiscalement plus avantageux. Le statut devient alors une vraie décision stratégique.

Faut-il afficher son TJM publiquement ?

Personnellement, non. J’annonce mon TJM après avoir compris le besoin du client, jamais avant. Afficher un tarif fixe vous prive de la marge de négociation et vous expose à être écartée sur le seul critère du prix. Gardez votre TJM comme une fourchette que vous adaptez à la complexité et à la durée de chaque mission.

Fixer son TJM n’est pas un calcul qu’on fait une fois pour toutes : c’est un curseur qu’on réajuste à mesure qu’on gagne en expérience et en clients. Commencez par chiffrer votre tarif minimum avec le simulateur, puis montez progressivement à chaque nouvelle mission. Et si vous êtes encore en train de poser les fondations de votre activité, prenez le temps de bien préparer votre départ : tout commence par les bonnes bases pour se lancer en freelance sereinement.